Vous avez pu voir le Macbook Air sous toutes ses coutures sur tous les blogs de la planète, à commencer par Engadget, qui a publié une petite vidéo de la bête. J'avoue admettre qu'Apple propose là une sorte de révolution. D'abord de par sa finesse (moins de 2 cm d'épaisseur, the thinest notebook ever), de par sa légèreté, de par son trackpad multi-touch, mais aussi de par son écran LED, de par son processeur sur mesure, de par l'intégration de la mémoire Flash en tant que disque dur, ou encore de par son orientation vers le monde sans fil (Wifi n, Bluetooth).

Macbook Air

Vous l'aurez compris, There's something in the air, et cette chose s'appelle le Macbook Air. J'avoue, en tant que bon Apple fanboy et geeket early adopter, avoir été cruellement séduit en suivant la keynote de Steve Jobs hier soir. Une fois l'excitation retombée, après avoir pu faire mûrir ma réflexion, je vais m'atteler à vous exposer ce que je pense de la stratégie d'Apple.

Apple a pour habitude de proposer des solutions qui sont capables de séduire le grand public, je pense notamment à l'iPod, l'iMac ou au Macbook. Or j'ai la forte impression que ce nouveau Macbook Air n'attaque pas le même coeur de marché. Le fait qu'il n'y ait pas de lecteur optique en standard, ainsi que la mise en avant de la connectivité sans fil, peuvent laisser imaginer bien des choses quant à l'avenir de l'informatique et du tout en ligne. Or, force est de constater que le Macbook Air n'aura une réelle utilité que pour les gens qui se déplacent beaucoup, gens pour qui il peut être pratique d'avoir un ultraportable fin et léger.

Le Macbook Air n'est pas une machine indépendante, et semble être simplement un accessoire, un plus qui viendrait compléter un (ou des) Mac(s) que nous aurions déjà. Ainsi, je vois plus le Macbook Air comme un gadget qui ne peut malheureusement pas avoir d'existence propre. Daniel (le designer de Digg) me disait l'autre jour que la station de travail idéale pour lui serait un wide screen, un clavier bluetooth, et un ultra portable, et qu'il possédait déjà les deux premiers éléments. L'ultraportable qu'il imaginait serait donc une vraie station de travail, le coeur de sa vie numérique, et certainement pas son compagnon de déplacement.

A mon sens, l'erreur dans la stratégie d'Apple est de s'adresser à un trop faible public, qui représente une bien faible part de marché. Apple représente environ 5% du marché informatique mondial, et je ne pense pas que ce nouvel arrivant de la gamme Macbook sera un élément qui fera changer la donne, car j'ai bien peur qu'il n'attire pas les switchers.

Dans un monde où tout serait en ligne (et sans fil), où il serait possible d'avoir Internet partout où l'on est avec des débits suffisants, où même les systèmes d'exploitation seraient en ligne et directement téléchargés au lancement des machines (un peu à l'image de nos dedibox ou livebox), le Macbook Air trouverait certainement sa place. Mais il est peut-être encore un peu trop tôt pour qu'une machine comme celle-ci se démocratise.

Saluons tout de même la prouesse technologique, où la firme à la pomme montre une fois de plus qu'elle a réellement une longueur d'avance...