Un petit rebondissement sur l'excellent article de mon ami Cédric Motte, intitulé "Et si les médias traditionnels laissaient tomber le web", car c'est un sujet relativement intéressant.

Je n'irai pas à le contredire quand il avance qu'il y a un vrai joyeux bordel au niveau des sites web des medias qui s'affrontent dans la lutte du plus d'information possible, ni quand il affirme que les sites de médias sont de qualité fort variable, mais je vais tout de même le contredire sur certains points.

D'une part, les medias traditionnels sont des entreprises, et comme toute entreprise, ils ont pour vocation la survie pour les moins chanceux d'entre eux, et la croissance de cette même entreprise pour les plus chanceux d'entre eux. Alors, non, je ne suis pas passé du mauvais côté de la barrière (vous savez, le côté rouge), mais pour autant, il me semble que les medias traditionnels sont sur le web pour accroitre leur audience, et par conséquent leurs gains, ce qui me parait tout à fait normal, même si Cédric espère que non.

D'autre part, Cédric évoque la fin des medias traditionnels avec l'arrivée du web. Mon avis est plutôt mitigé sur la question. Ma réflexion se base essentiellement sur les médias audiovisuels car ils sont peut-être plus représentatifs dans certains des sujets que j'ai déjà pu aborder. Bien sûr, que le web fait peur aux médias traditionnels, mais il est à mon sens essentiel de comprendre comment réagissent les medias face au web: le web est pour eux une opportunité, un complément, qui n'est justement pas concurrent. Les médias peuvent être un vecteur du web, et leur site web peut être leur vecteur.

Alors, à la question "un média qui édite son contenu sur un support a-t-il vraiment vocation à éditer du contenu sur d'autres supports ?", je vais répondre un grand oui, sans hésiter.

Et il y a selon moi deux points à aborder en ce qui concerne le web: la quantité et la qualité...

Parlons d'abord de la quantité: le web est un milieu où tout évolue plus vite. L'avantage du net, c'est qu'on n'est pas obligé d'attendre 150 ans avant d'écouter une chanson qu'on aime, pas obligé d'attendre avant de voir un clip, pas obligé d'attendre le 20h ou le lendemain pour avoir les nouvelles du jour ou de la veille, d'autant plus qu'elles sont plus ou moins sélectionnées et orientées, ce n'est pas de l'information "brute". On admettra que plus il y a d'information, plus le public touchable est large, et les revenus en conséquence aussi.

De l'autre côté, il y a la qualité: les sites de medias traditionnels se doivent d'être complémentaires, ils doivent pouvoir fournir toutes les informations qui n'ont pas pu tenir en une page ou lors d'une vidéo de 5 minutes, pour permettre aux gens d'aller plus loin sur des sujets qui les intéressent. Dans ce cas là, il s'agit plutôt de fidéliser une audience sur le web, mais aussi dans la vraie vie, peut-être quitte à ce que ça soit payant (désolé, je ne suis pas un partisan du tout gratuit).

Donc oui, les médias traditionnels ont une vraie vocation à éditer du contenu sur la toile, et leur ligne éditoriale doit évidemment être différente, chose qu'ils ont compris. Maintenant, on confronte souvent qualité et quantité, qui semblent s'opposer, et il semble que la course soit en effet, comme le souligne Cédric, à celui qui fera de la quantité, et non pas la qualité.

Est-ce que cette quantité coute cher? Là n'est pas la question. Il s'agit, je pense, d'un ciblage d'une certaine population, mais il faut garder à l'esprit que les sites web des médias traditionnels sont des satellites, et ne sont pas une priorité.

Note: si vous avez vous aussi un avis sur la question, vous serez priés d'aller en parler chez Cédric, simple question de courtoisie et de reconaissance de la qualité (c'est décidément le maître mot ce soir) de son billet!