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Web, Technology & life by Bastien Labelle

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Le Cloud est-il fiable?

C'est un fait, du moins pour moi, j'ai tendance à décentraliser pas mal de stockage. SugarSync, Google Docs, Flickr, Delicious et bien d'autres services possèdent des données m'appartenant, et très souvent, j'ai tendance à ne laisser ces données que dans le cloud. J'ai une confiance presque absolue dans le Cloud, c'est la raison pour laquelle mes photos Flickr sont stockées uniquement sur le service, et nulle part ailleurs.

Clouds

Pourtant, une note d'Om Malik vient de m'interpeler. Ma.gnolia, un service de bookmark social vient de perdre ses données, et le CEO ne sait même pas si elles seront récupérables en totalité. Par chance, je n'utilise pas ce service, mais je dois avouer que c'est un peu effrayant de voir qu'en une nuit, un site web pas des moins connus peut perdre la totalité de ses données.

As I evaluate recovery options, I can't provide a certain timeline or prognosis as to to when or to what degree Ma.gnolia or your bookmarks will return; only that this process will take days, not hours.

Ce genre d'évènement peut arriver à tout moment, et surtout à n'importe qui. N'importe qui, oui, car cela concerne pas les sites webs mais aussi les disques durs de nos propres ordinateurs, internes ou externes.

Alors, après cet exemple, peut-on dire que le Cloud est fiable? La réponse est non. Car aucun système n'est fiable à 100%. Mais au fond, est-ce que le taux de défaillance d'un disque dur est plus élevé que le taux de défaillance d'un système décentralisé et répliqué? Pas si sûr. Pour moi, stocker des données dans le Cloud, sur divers services web, est beaucoup plus sûr que de les stocker sur un disque dur interne ou externe. Ce qui est arrivé à Magnolia peut arriver à d'autres. Mais c'est bien trop rare pour oser dire qu'il est plus sûr de stocker ses données chez soi.

Crédit photo: Hans Speijer

CloudFS peut-il concurrencer Amazon S3?

Le stockage on-demand repose actuellement sur trois notions essentielles:

  • Un stockage illimité, car décentralisé
  • Les services web: une API RESTful est à disposition des développeurs afin de faire abstraction de la couche physique du stockage
  • Le pay for what you use: Le service est facturé selon la consommation, c'est d'ailleurs le business model de tout ce qui tourne autour du cloud computing

Mosso, la start-up de RackSpace, spécialisée dans le domaine de l'infrastructure as a service a lancé hier son nouveau service de stockage on-demand qui se posera en concurrence directe avec Amazon S3. Ce nouveau service s'appelle CloudFS, et est en beta privée.

Mosso

Au niveau de la tarification, elle est pour l'instant simple comme bonjour, et est annoncée au prix de 0,15$ par Go. Aucune autre précision n'étant donnée, je suppose qu'il s'agit là d'un coût global qui comprend à la fois le stockage, les accès, mais aussi le transfert des données. Fini donc le casse-tête d'Amazon S3, où les tarifs sont dégressifs et où il faut prendre en compte tous ces paramètres: CloudFS arrive donc à trouver une sorte de juste milieu dans la tarification de ses services.

Cependant, cette notion de prix dépend énormément du type d'usage de l'application que l'on souhaite créer. Pour le partage de fichiers sur Pownce, par exemple, il sera plus avantageux d'utiliser S3 dans la mesure ou chaque utilisateur partage chaque fichier avec son réseau d'amis, ce qui implique qui implique que le prix du stockage prime sur les accès effectués aux fichiers stockés. D'ailleurs, Pownce utilise S3 pour cette fonctionnalité. En revanche, pour un service comme Gravatar, où le stockage nécessaire est celui d'une image qui sera affiché sur de nombreuses pages, il sera préférable d'utiliser CloudFS, qui prend en compte le stockage et les accès dans sa tarification.

Outre la notion de prix, il n'en demeure pas moins que CloudFS est une copie d'Amazon S3. C'est du moins ce qu'en concluerait Kevin Kelly d'après son billet "Better than free" (une traduction est disponible sur Biologeek). Entrent alors en compte d'autres paramètres, tels que la confiance: Qui fera confiance à Mosso, tout en sachant qu'Amazon est sensiblement tout aussi compétitif? Car ne l'oublions pas, Amazon a l'énorme avantage d'être une société plus que connue, à l'architecture ayant une scalabilité éprouvée, ce qui lui donne déjà une sacré longueur d'avance.

De plus, Rackspace joue la carte de la transparence en affichant clairement les problèmes rencontrés pour le lancement de CloudFS sur le blog officiel, sans forcément que les solutions soient déjà mises en oeuvre. Je ne suis pas sûr que cela joue énormément en leur faveur.

DropBox, la solution de stockage en ligne ultime?

J'en ai testé des solutions de stockage et de synchronisation, et pourtant je crois que je n'ai jamais été autant bluffé que par DropBox! J'avais testé Box.net, dont tout le monde faisait des louanges. J'avais ensuite essayé Wuala, qui m'intéressait beaucoup au niveau de son architecture P2P. Et dernièrement, j'avais eu l'occasion d'être un des rares testeurs de SugarSync, qui permettait de synchroniser, outre les ordinateurs, les téléphones portables.

DropBox est aussi un service de stockage en ligne, donc, et au même titre que ses concurrents, il permet d'uploader et de gérer ses fichiers sur un espace web. Toujours comme ses concurrents, tout y est: upload, gestion des dossiers, etc. Le partage de fichiers via le web ou entre utilisateurs du service est aussi possible. Alors, me direz-vous, qu'est-ce qu'a DropBox de si révolutionnaire...?

DropBox

Tout d'abord, la gestion de configuration: DropBox gère tous les révisions des fichiers, ce qui le transforme en un Time Machine en ligne. Donc l'argumentaire d'Apple sera valable aussi: fini les fichiers perdus définitivement, finies les mauvaises modifications sauvegardées, il vous est possible de restaurer tous vos fichiers dans leur état à un instant T.

DropBox - Screenshot

Mais la chose qui rend DropBox vraiment révolutionnaire, c'est son client lourd. Là où tous les concurrents comme SugarSync ou Wuala s'entête à créer une application complète qui a son propre "système de fichier", là où Box propose widgets et applets Java, DropBox joue la carte de la simplicité, et s'intègre à merveille dans les systèmes d'exploitation les plus récents. Ainsi, que ce soit dans Windows Vista ou Mac OS X, un dossier DropBox vient se loger dans la barre latérale, c'est ce dossier qui sera synchronisé avec votre DropBox.

L'idée d'intégration est tout simplement géniale, et on se demande même comment certaines personnes n'ont pas pu y penser avant. Le service étant encore en beta, l'espace disponible est de 5 Go, ce qui est cinq fois plus important que ses concurrents. Au niveau business model, j'imagine qu'il sera calqué sur ses concurrents, avec des prix qui évoluent avec la capacité de stockage fournie. Peut-être aussi que le système de gestion de configuration sera réservé aux seuls comptes pro, mais je n'ai aucune information à ce sujet. Si DropBox vous intéresse, je vous invite vivement à regarder le ScreenCast et même à partir en quête d'invitations (attention, il n'en traine que très peu à cette heure-ci sur la toile).

Adobe Share: peut mieux faire...

J'ai attendu quelque temps avant d'avoir un accès à Adobe Share. Je l'ai testé assez vite fait avec deux adresses e-mail m'appartenant. Pour ceux qui ne connaissent pas, Adore Share, il s'agit d'un service de partage de documents créé par Adobe, qui est entièrement fait en flash, afin de pouvoir accéder à ses documents n'importe où sur internet. Adobe offre donc 1 Go de stockage pour partager vos documents.

Adobe Share

Je dois admettre être assez partagé (et ce sans vilain jeu de mot) par ce que j'ai vu d'Adobe Share. Il y a bien sûr les bons points. Commençons par le design. L'application est très jolie (et si vous me connaissez un peu vous savez à quel point j'aime les jolies interfaces utilisateur), et très intuitive. Partager des fichiers est d'une simplicité enfantine! De plus Adobe rajoute quelques fonctionnalités intéressantes au niveau expérience utilisateur, comme par exemple le Drag'n Drop d'un fichier vers un ou plusieurs contacts (ou l'inverse) qui facilite le traitement par lot.

Un autre truc sympa: Share dispose d'une API, ce qui permet donc par exemple de partager des fichiers via un widget Flash qu'on peut placer n'importe où, en voici un exemple avec la doc du framework Extra Light Framework

Quelques fonctionnalités sympathiques, donc, mais les mauvais points sont des détails qui peuvent cependant dérouter assez vite un utilisateur comme moi: Pas de message de confirmation lors d'un partage (d'ailleurs la liste des adresses e-mail s'efface de suite après, donc on ne sait pas si ce qu'on a fait a bien marché ou pas), pas moyen de voir avec qui on a partagé des documents (du moins la liste n'est pas disponible pour chaque document). Il est par ailleurs impossible de supprimer l'accès à un document pour une personne, ce qui reste à mon goût très embêtant.

Outre son interface séduisante et son ergonomie plutôt sympathique, Adobe Share souffre de nombreux défauts de jeunesse qui font que le service, en plus de ne pas être révolutionnaire, est parfois désagréable à utiliser et même parfois déroutant. Espérons qu'il y ait du mieux dans les prochaines versions de la mouture!

Wuala, le stockage en ligne p2p?

Découvert via la vidéo de Cédric à la Web 2.0 Expo Berlin il y a quelques jours, j'a décidé aujourd'hui de m'intéresser à Wuala.

Wuala

Wuala est un service de stockage en ligne qui se base sur la puissance des réseaux de type P2P. N'y voyez là aucune allusion au piratage de musique et de vidéo. Ici, l'idée n'est pas nouvelle, mais part du principe qu'il est possible d'exploiter les ressources inutilisées du Web, comme pour les grilles de calcul à travers internet (Seti@Home par exemple).

Ainsi, 1 Go de stockage en ligne est fourni d'office pour chaque nouvel utilisateur. Mais vous pouvez aussi proposer votre espace disque qui peut servir de stockage en ligne à d'autres utilisateurs. Ainsi, Wuala vous fournit de l'espace disque en ligne supplémentaire, calculé par rapport à l'espace que vous fournissez, mais aussi par rapport à votre temps de présence en ligne (le temps ou vous agissez comme source). Par exemple, comme c'est expliqué sur leur site web, si vous allouez 10 Go de stockage en ligne aux autres utilisateurs de Wuala et que vous êtes en ligne 70% du temps, Wuala vous offre 7 Go de stockage en ligne pour vos propres fichiers!

Au niveau des fonctionnalités, il est possible bien évidemment de partager des fichiers avec des amis ou des groupes d'amis, mais aussi d'avoir un espace public.

Le service a l'air donc intéressant, mais il y a certaines notions sur lesquelles j'aimerais avoir plus d'explications. Le P2P étant un système basé sur des sources, comment peut-on s'assurer de la disponibilité de ses propres fichiers? Comment s'assurer d'avoir un taux moyen de sources qui permettront de garantir un nombre de sources suffisant pour avoir un débit correct? De plus, qui dit chiffrage de fichiers (oui, il faut bien s'assurer de la confidentialité de ces données) dit augmentation du volume des données. Or le P2P étant basé sur un système de redondances, où trouver avec le principe du ratio, la place nécessaire pour stocker ces fichiers si l'on suppose que l'espace disque sera très utilisé? Comment garantir

Malgré ces questions, je suis impatient de tester ce système, et d'en tester la fiabilité. Actuellement, Wuala est en alpha privée, et il est possible de s'y inscrire (aucune information quant à la mise à disposition).